Un chercheur en cybersécurité a identifié du code placé dans les images téléchargées depuis Facebook. Il permettrait de suivre un utilisateur en dehors de la plateforme.

Des données IPTC dans les images



Les données IPTC sont ce qu’on appelle des métadonnées. Elles sont cachées dans une image afin d’être récupérées dans un autre logiciel, ou sur un autre site, afin de présenter certaines informations. Cela peut être un copyright, une légende ou description du cliché, etc.

Quelques jours après avoir reçu une amende record de 5 milliards de dollars, Facebook anime une nouvelle fois les internautes sur les sujets de projection de la vie privée. La société de Mark Zuckerberg est experte en la matière ce qui lui permet d’avoir un des outils publicitaires les plus puissants de la toile. Dernièrement, un australien, chercheur en cybersécurité, a remarqué la présence d’un code dans les métadonnées de photos téléchargées sur Facebook. Il permettrait de suivre ladite image en dehors de sa plateforme, et ainsi la relier à un utilisateur.

Lire aussi : Togo : appel à candidatures pour un programme de bourses du PNUD aux Etats-Unis

Du tracking ? Oui. Mais pour quoi faire ?

La présence de ce code peut avoir de multiples applications pour le suivi de l’image, et pas nécessaire celui de l’utilisateur. Ainsi, la première application logique serait la protection de la propriété de l’image. Si Facebook n’est pas vraiment connu pour savoir protéger les ayants droits, il doit tout de même se mettre au diapason. De cette manière, si une grande marque, ou un photographe se plaint de l’utilisation abusive de ses création, Facebook pourrait rapidement retrouver les contenus en question.

L’autre aspect important, c’est la protection des utilisateurs contre les contenus choquants, et proscrits. Ça a été le cas avec la vidéo en direct de l’attentat de Christchurch. Si le live du terroriste n’a été vu que par moins de 200 personnes, un petit groupe l’a téléchargé, puis repartagé. De par la recherche de viralité omniprésente sur le réseau social, la vidéo a été repartagée 1,5 million de fois, mais instantanément supprimée par Facebook. Si l’on peut remercier l’intelligence artificielle, il est possible que des métadonnées permettent de pré-identifier la vidéo si par exemple elle a été modifiée pour tromper les algorithmes.

Dernièrement, et le plus préoccupant des cas d’utilisation de ces données IPTC, c’est le suivi des utilisateurs. Imaginez que vous téléchargiez vos photos de vacances sur Facebook, puis que vous les récupériez pour les mettre sur votre blog personnel, ou ailleurs sur le web. Ce bout de code permettrait à la société de Mark Zuckerberg de vous identifier en dehors de son écosystème. Ainsi, cela lui permet d’en connaitre plus sur vous, vos centres d’intérêt, afin de renforcer son outil de ciblage publicitaire.

Lire aussi : Togo : l’Union africaine recrute pour ces 4 postes (16 juillet 2019)

Cette approche peut également permettre d’identifier des liens entre plusieurs personnes, sans avoir recours à la reconnaissance faciale. Par exemple, si une personne repartage la photo d’une autre.

Si cette dernière hypothèse s’avère plus concluante que les autres, cela va lever à nouveau des doutes sur le réseau social, et les données qu’il est en mesure de collecter. Cependant, cette pratique n’est pas nouvelle, puisqu’en 2015 un utilisateur de Stack Overflow avait identifié un code similaire, débutant par FBMD. Néanmoins, on peut s’inquiéter du véritable respect de notre vie privée dès lors que l’on ne navigue plus sur Facebook, et des indices que nous lui laissons un peu partout. De plus, s’il s’agit bien d’un tracking des utilisateurs, qu’en dit le RGPD ?

Avec Siècle digital

Miss Togo 2019