Tidjane Thiam est désigné comme l’un des Africains les plus influents du monde aux côtés des grands hommes d’affaires et de milliardaires africains tels que le nigérian Aliko DANGOTE ou le soudanais Mohammed IBRAHIM.

Frapper là où personne ne l’attend. C’est définitivement devenu la spécialité de l’actuel Directeur Général de Crédit Suisse, l’un des plus grands groupes bancaires au monde et la deuxième de la place helvétique par sa capitalisation boursière. Il est ainsi le premier Africain à diriger une institution financière de cette taille. Encore une première pour ce petit-neveu du défunt président ivoirien Félix Houphouët-Boigny, auquel il est lié par sa mère.



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Tidjane Thiam a toujours été en tête : premier au concours général de mathématiques en 1980 ; premier ingénieur ivoirien de l’École Polytechnique de Paris, dont il est sorti major de promo ; premier Noir à diriger une multinationale du FTSE 100, l’équivalent britannique du CAC 40 Français, en prenant la tête de Prudential, en 2009. Il a quitté l’assureur britannique avec un bilan solide. En 2014, celui-ci a dégagé un bénéfice net de 2,8 milliards d’euros, contre une perte de 300 millions d’euros au premier semestre 2009, juste avant l’arrivée de l’Ivoirien.

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Tidjane Thiam

« Français avec un trait d’union », comme il se définit lui-même, le Franco-Ivoirien Tidjane Thiam, obtient son bac au lycée Descartes de Rabat avant de poursuivre ses études en France. « L’immigré que je suis est reconnaissant aux sans-culottes. Ils nous ont donné en héritage ce mot et cette aspiration si précieux : la méritocratie », écrit-il dans Qu’est-ce qu’être français ?, un ouvrage à plusieurs mains publié en octobre 2009 par l’Institut Montaigne. Polytechnicien, il doit à son 1,93 m d’avoir défilé sur les Champs-Élysées au premier rang de la prestigieuse école, le 14 juillet 1983, sous le regard protecteur de sa mère. Un cursus qu’il complétera en 1988 par un MBA à l’Institut européen d’administration des affaires (Insead).

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Mais sa couleur de peau plombe un CV orné des plus prestigieux diplômes de la République, ces prétendus sésames de la réussite. Il est d’abord recruté par le cabinet McKinsey, à Paris. En 1994, il saisit l’occasion que lui offre le président Henri Konan Bédié de revenir au pays. Directeur général du Bureau national d’études techniques et de développement (BNETD), chargé des grands travaux, « il a ivoirisé l’institution, qui comptait 70 % de cadres expatriés français ». Il sera ensuite ministre du Plan et du Développement, jusqu’au coup d’État de 1999. 

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De retour sur le Vieux Continent, il est repéré en 2002 par Aviva. En 2006, il en devient le patron pour l’Europe et siège au conseil d’administration. D’aucuns le voient déjà prendre les rênes du groupe d’assurance britannique. Mais il rejoindra l’ennemi juré Prudential, pour le quitter et devenir le Directeur Général de Crédit Suisse. Tidjane Thiam, « cet homme doué d’un talent extraordinaire », dixit Mark Tucker, qui lui a cédé son fauteuil de PDG, ne frappe décidément jamais là où on l’attend.

Avec Jeune Afrique

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