« Trump a quand même fait un bon score » : Macron exprime en privé son ressenti sur l’élection américaine

Dans son édition du mercredi 11 novembre, Le Canard enchaîné révèle ce qui serait une conversation privée dans laquelle Emmanuel Macron a commenté le résultat de l’élection américaine. S’il a été l’un des premiers chefs d’État européens à féliciter Joe Biden, il reconnaît que le Président sortant n’a pas fait une mauvaise campagne.

« Trump a quand même fait un bon score », a-t-il soufflé, estimant ainsi que « le trumpisme est toujours là ». Il a également noté que Trump avait même « augmenté son nombre de voix », mais ne cache pas un certain enthousiasme face à la défaite de ce dernier. « Le national-populisme, ce mal qui progresse partout, peut être vaincu par les progressistes ».

Face aux contestations de Trump, lequel estime que son rival a bénéficié de nombreux votes « illégaux » par correspondance, Macron se réjouit que « la démocratie ait tenu le coup ». Il pourrait bien voir la situation américaine se répéter en France, en proie à une certaine crise démocratique, entre défiance envers les communications du gouvernement et perte de confiance dans sa capacité à lutter contre l’épidémie de coronavirus, un élément qui a certainement joué dans la défaite de Trump.

« Ces défis concernent également l’Europe, soumise, comme les États-Unis, à une perte collective de repères, sapant les fondements démocratiques », admet auprès du Monde le député La République en marche Gilles Le Gendre.

« L’ultra simplification des débats autour d’un référendum pour ou contre Trump, peut aussi se retrouver chez nous, pour ou contre le Président, ou pour ou contre Marine Le Pen », renchérit Roland Lescure, député des Français d’Amérique du Nord au sein de la majorité.

Toujours selon Le Canard enchaîné, Macron ne semble pas si emballé par la perspective de travailler avec Biden. S’il reconnaît que son élection permet de s’attendre à « un changement réel sur le climat » (Biden a promis de rejoindre l’accord de Paris), il estime que peu de choses changeront concernant les relations avec la Chine ou le commerce. « Il n’y aura pas de tête-à-queue de la politique américain », résume-t-il.

Lors de son premier entretien téléphonique avec Macron mardi 10 novembre, Biden a exprimé son intention de « redynamiser les relations bilatérales et transatlantiques, notamment à travers l’Otan et l’Union européenne », qu’il considère malmenées par Trump. Il a également appelé les chefs des gouvernements britannique, irlandais, canadien, ainsi que la chancelière allemande Angela Merkel. « Je leur ai dit que l’Amérique était de retour », a-t-il déclaré.

Source : Sputnik

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