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Vers une réduction des grossesses précoces dans nos communautés

A pregnant African woman holding her stomach.

Les grossesses non désirées ou grossesses précoces sont celles contractées par les adolescentes (10-19 ans) au moment où elles sont encore sur les bancs d’école, en apprentissage ou dans le cadre des mariages précoces.

Selon l’OMS, les jeunes filles dont l’âge est compris entre 15 et 19 ans contribueraient à 11 % des naissances dans le monde et la plupart vivent dans des pays à revenus faibles ou intermédiaires. Avec près de 200 naissances pour 1000 adolescentes, l’Afrique de l’Ouest affiche le taux d’accouchement précoce le plus élevé au monde.

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Plusieurs facteurs liés la négligence des droits sexuels sont à l’origine des grossesses chez les adolescentes : manque d’informations, violences sexuelles, non-accès aux services de prévention, block out sur les relations sexuelles avant le mariage… Presque tous ces facteurs ont un dénominateur commun : les normes sociales. Même si l’exigence de la virginité chez la fille (surtout) jusqu’au mariage oblige les parents dans certains milieux à leur interdire toute relation sexuelle hors mariage, cette mesure n’est que rarement respectée par les jeunes (et les parents le savent).

Les adolescents ont besoin d’informations sur la sexualité, le développement et le fonctionnement de leur corps au fur et à mesure qu’ils grandissent. Cela leur permet de prendre des décisions responsables. En outre, ces informations doivent être fournies par les parents et le système éducatif.

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Malheureusement, dans bon nombre de pays africains, le sexe a été toujours considéré comme un sujet totalement tabou dans la plupart des communautés et familles pour lesquelles, parler de sexualité à un enfant va à l’encontre des règles sociales relatives à la pudeur et pourrait le conduire à expérimenter les relations sexuelles. C’est pourtant, et malheureusement le contraire qui se produit bien souvent: la curiosité des enfants et des jeunes par rapport à leur corps les pousse à chercher des informations. Ils se retrouvent alors dans un apprentissage personnel en la matière surtout avec l’aide d’internet où les informations fournies ne sont pas toujours les bonnes.

Togo Mme Adjamagbo-Johnson et le Wildaf dans une nouvelle approche de lutte contre les grossesses précoces (7)

WiLDAF – Afrique de l’Ouest, en tant qu’organisme de défense des droits de la femme, relève que les grossesses des adolescentes sont les résultats des violations de nombreux droits de la fille, à l’instar du droits d’accès à l’éducation, aux informations sanitaires, à l’intégrité physique et morale, des droits sexuels et reproductifs, des droits économiques, etc..

Selon l’organisation, ces violations des droits des adolescentes constituent des violences basées sur le genre qui, à l’instar des grossesses précoces, ont de nombreuses conséquences négatives sur la santé et le bien-être de la jeune fille et de la femme.

Œuvrant pour cette cause depuis plusieurs années dans les pays du Sahel et au Togo, WiLDAF-AO mène des actions pour réduire le taux de prévalence des grossesses précoces.

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Au Togo, par exemple, en partenariat avec l’ATBEF, WiLDAF-AO a lancé un projet de recherche-action intitulé « Prévenir les violences sexistes et les violations des droits sexuels et reproductifs des adolescentes pour réduire les grossesses précoces ». Ce projet qui couvre deux préfectures, Ogou et Kloto, est le fruit d’éléments probants et a pour objectif de proposer un modèle intégré de réponses aux grossesses des adolescentes tenant compte des violences basées sur le genre pour améliorer la santé et les droits sexuels et reproductifs de ces dernières.

Bien souvent, les mariages d’enfants, encore récurrents dans certaines communautés, constituent une cause directe des grossesses précoces. Au-delà du manque d’informations de la jeune fille pour se prémunir d’une grossesse non désirée, la communauté elle-même contribue à l’essor du phénomène en encourageant les mariages précoces.

Dans une approche de solutions, WiLDAF organise régulièrement des forums avec les premiers responsables des communautés cibles (au Mali, Niger, et Togo) à savoir les chefs traditionnels et religieux, pour les engager à mettre fin à ces genres de pratiques et punir les responsables conformément aux dispositions légales en vigueur. Ces dispositions concernent les personnes coupables de viol, les parents ou complices de trafic de mineurs et les auteurs de grossesses de filles mineures.

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