Covid-19 : faut-il vacciner les personnes ayant déjà été infectées par le virus ?

Alors que se dessinent les campagnes de vaccination, des groupes de population prioritaires ont été définis par les autorités sanitaires. Mais le cas des personnes ayant déjà été porteuses du virus soulève de multiples questions : Leur immunité peut-elle les dispenser du vaccin ? Quels effets peut-il avoir sur elles ? Leurs symptômes persistants sont-ils compatibles avec la vaccination ?

Les études qui ont tenté de déterminer la durée de l’immunité développée par les personnes ayant été malades sont plutôt contradictoires, de quelques semaines à 8 mois. Si l’on considère l’une des publications les plus récentes sur le sujet, issue d’une cohorte de 30 000 personnes dépistées à New York, les anticorps développés seraient réactifs pendant 5 mois. Au-delà, la réponse vaccinale serait donc à nouveau nécessaire.

Comme la Haute Autorité de Santé qui a présenté cette semaine les populations prioritaires pour la vaccination contre la Covid-19, un groupe de scientifiques mandatés par la National Academy of Siences aux Etats-Unis avait émis ce type de recommandations en octobre. En précisant toutefois que “de nombreuses inconnues demeurent concernant la sécurité et l’efficacité des vaccins dans certaines populations, notamment s’agissant des individus précédemment infectés par la Covid-19.”

Dans son avis publié en début de semaine, la Haute autorité de Santé précise que “la plupart des essais cliniques menés sur les candidats-vaccins excluent “en analyse principale les sujets antérieurement infectés”, autrement dit qui ont déjà été malades par le passé.

Plusieurs laboratoires comme Moderna ou Novavax ont en effet exclu de leurs essais les personnes testées positives à la Covid-19 lors de tests de diagnostic ou d’anticorps. Tout simplement pour limiter les erreurs. Ces cas positifs auraient peut-être déjà développé une réponse anticorps à la Covid-19, ce qui aurait pu fausser les résultats sur l’efficacité du vaccin lui-même. Les conclusions de ces tests ne permettent donc pas de déterminer si le vaccin sera efficace pour tous ceux ayant déjà été contaminés. Surtout s’ils souffrent de symptômes persistants.

D’après une étude de l’hôpital Hôtel-Dieu environ un tiers des personnes ayant été malades souffrent de symptômes pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois après leur diagnostic. Et beaucoup d’entre eux redoutent qu’un vaccin intensifie une réponse immunitaire déjà agressive qui entraîne fatigue, douleurs musculaires, difficultés respiratoires, ou palpitations cardiaques.

Malgré tout, les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies américains affirment sur leur site que “du fait qu’une réinfection à la Covid-19 est possible”, il pourra être conseillé “aux personnes de se faire vacciner même si elles ont déjà été atteintes de la Covid-19”.

De son côté, le laboratoire Pfizer assure que le taux d’efficacité de son vaccin, 95%, est le même chez les participants ayant déjà été contaminés à la Covid-19. Un élément à confirmer sur des échantillons de patients plus importants.

Avec Sud Ouest.

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