Un Ivoirien de 40 ans a été condamné par le tribunal correctionnel de Paris à six ans de prison et une interdiction de territoire français de 10 ans pour avoir organisé le périple de migrants vers l’Europe, dont au moins deux ont péri en mer Méditerranée en mai 2017.

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Il était accusé d’avoir servi d’intermédiaire entre des migrants et un passeur en Libye en 2017. Mocares K, un Ivoirien de 40 ans qui vit en France, a été condamné mi-novembre à une peine de six ans de prison ferme pour “homicide involontaire” et “aide à l’entrée et au séjour irrégulier” de plus d’une dizaine de personnes, dont certaines ont péri en mer Méditerranée.

Cet Ivoirien, entré lui-même illégalement en France en janvier 2016 via cette même route, avait été dénoncé aux autorités judiciaires par le père d’un des migrants, qui avait porté plainte.

Son fils avait disparu avec environ 170 personnes dans le naufrage de leur embarcation le 7 ou 8 mai 2017. Sept personnes avaient survécu.

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Quelques mois plus tôt, l’accusé Mocares K avait contacté le père de famille vivant en France pour lui dire que son fils se trouvait en Libye et qu’il pouvait organiser sa traversée pour 600 euros, selon une source judiciaire.

Mis en examen et écroué, l’homme avait reconnu devant les juges d’instruction avoir orienté plusieurs compatriotes vers un passeur en Libye surnommé “Arafat”, rencontré lors de son propre périple vers la France. Mais il a assuré que ce n’était pas “pour gagner de l’argent” mais “pour rendre service”.

Selon son récit, à son arrivée en France, il avait témoigné de son parcours devant sa communauté religieuse, avant d’être sollicité par des gens voulant faire venir leur proche.

Des témoins l’ont pourtant accusé d’avoir gardé une partie de l’argent.

Mocares K, qui a comparu les 12 et 13 novembre devant le Tribunal correctionnel de Paris, a aussi été condamné à une interdiction du territoire français pendant 10 ans. Tout en reconnaissant son “implication (…) majeure” dans la filière, les juges l’ont toutefois relaxé du délit d’association de malfaiteurs.

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A ses côtés, un homme et une femme ont été condamnés à un an de prison avec sursis pour avoir fourni des papiers d’identité à un migrant tentant de traverser la frontière franco-italienne.

Plus de 14 200 migrants sont morts ou portés disparus en tentant de traverser la Méditerranée depuis début 2015 et l’essor de la crise migratoire, selon le décompte du Haut-commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR).

Avec InfoMigrants